Au théâtre ce soir … Le divertissement
Au théâtre ce soir était une émission de télévision de Pierre Sabbagh diffusée à
la télévision de 1966 à 1986. Je me souviens, comme si c‘était hier, de ces représentations de pièces de théâtre enregistrées en direct au théâtre Marigny ou au théâtre Édouard-VII à Paris. Plus de quatre cents œuvres d’environ trois cents auteurs ont été diffusées sur l’ORTF, puis sur TF1, et ont été vues par des millions de téléspectateurs. II m’en reste de radieux souvenirs. Les quiproquos des comédies de boulevard, le comique de situation des vaudevilles, m’ont faite beaucoup rire. Quand je me remémore les brillants et cocasses dialogues des pièces de Georges Feydeau, comme dans « Le dindon » ou « Un fil à la patte », je deviens euphorique.
On purge bébé !
Dans ma vingtième année, lorsque je suivais des cours au conservatoire, titillée par le désir de devenir actrice, j’ai joué le petit rôle de Clémence Chouilloux, dans la pièce de Gorges Feydeau, « On purge bébé ». C’était désopilant. Je réalise aujourd’hui que mon goût pour les dialogues, nombreux dans mes romans, s’est enraciné en moi à ce moment-là.
Lorsque, plus tard, j’ai déserté les salles de théâtre, j’ai lu les pièces de grands auteurs fascinants.
Parmi eux, il y eut Luigi Pirandello.
L’insolite d’une comédie dramatique
La pièce de théâtre de Luigi Pirandello, « Six personnages en quête d’auteur », représentée pour la première fois en français à la Comédie des Champs-Élysées le 10 avril 1923, a inspiré un épisode de mon roman, « Le sacre de Cydonia ».
Je vous laisse savourer un extrait de cette pièce, quand LE DIRECTEUR chef de troupe d’un théâtre, en train de monter un spectacle avec ses comédiens, dialogue avec LE PÈRE, un des personnages vivants à la recherche d’un auteur, venu solliciter un rôle :
« LE DIRECTEUR, se lève et le dévisage.
– Ah, vraiment ? Notre profession vous semble un métier de fous !
LE PÈRE,
– Eh ! mon Dieu ! Donner l’apparence du vrai à ce qui ne l’est point, et cela, monsieur, sans nécessité, par simple jeu… Enfin, oui ou non, votre profession n’est-elle pas de faire vivre sur la scène des personnages imaginaires ? je…
LE DIRECTEUR, l’interrompant, excité par l’irritation croissante des comédiens,
– Et moi, je vous prie, cher monsieur, de vous rappeler que la profession de comédien est de la plus grande noblesse ! Si les auteurs d’aujourd’hui ne nous donnent à représenter que des pièces stupides et ne mettent au monde que des fantoches, au lieu de créer des personnages profondément humains, il n’empêche, c’est notre orgueil d’avoir fait vivre ici, sur ces planches, des œuvres immortelles !
Les acteurs satisfaits approuvent et applaudissent le directeur.
LE PÈRE, l’interrompant avec fougue,
– Mais oui, parfaitement ! Vous faites vivre des êtres vivants, plus vivants que bien des êtres qui respirent et figurent sur les registres de l’état civil ! Des êtres moins vrais, peut-être, mais plus réels ! Nous sommes tout à fait d’accord !
Les acteurs se regardent abasourdis.
LE DIRECTEUR,
– Mais comment …Vous disiez d’abord que …
LE PÈRE,
– Permettez … Je vous répondais. Vous disiez que vous n’aviez pas de temps à perdre avec des fous, et cependant personne ne peut savoir mieux que vous que la nature se sert de l’imagination humaine pour continuer sur un plan plus élevé son travail de création.
LE DIRECTEUR.
– Parfaitement exact. Mais où voulez-vous en venir ?
LE PÈRE.
– À rien, monsieur. À vous prouver seulement que l’on peut naître à la vie sous mille aspects et de mille façons. On peut naître arbre, caillou, cruche, papillon … ou femme. On peut naître aussi personnage de théâtre !
LE DIRECTEUR, avec un étonnement feint, rempli d’ironie.
– Et vous seriez, ainsi que l’honorable compagnie que voici, un personnage de théâtre ?
LE PÈRE.
– Précisément, monsieur le directeur. Et tous bien vivants, comme vous le voyez.
Le Directeur et les comédiens éclatent de rire, comme à une bonne plaisanterie.
LE PÈRE, offensé.
– Je suis désolé de vous entendre rire ainsi … Nous portons en nous, je vous le répète, un drame. Vous pouvez d’ailleurs vous en rendre compte, rien qu’à l’aspect de cette dame en voile de deuil.
LE DIRECTEUR, perdant patience, hors de lui,
–Allons ça suffit ! Débarrassez-nous le plancher. (au régisseur) Je vous en prie, faites évacuer le plateau. »
Bienvenue dans le manège enchanté de Caroline Comte
Chaque émission « Au théâtre ce soir », se concluait par la présentation de la troupe et par la même formule devenue célèbre, « les décors sont de Roger Harth et les costumes de Donald Cardwell ». Les comédiens et les comédiennes saluaient le public et manifestaient leur joie et leur fierté, espérant des bravos et des bis.
Alors, de la même manière, je vous présente mes héroïnes, ces six dames de cœur, présences vivaces en mon esprit. Elle se sont retrouvées sur la scène de ce blog et dansent une joyeuse farandole en votre honneur.
Lucrèce Camilleri, la justicière
Elle est apparue dans mon roman, « Chasses en cours ». Elle a quarante ans, est célibataire. Ses cheveux noirs sont hérités d’un père sicilien et ses étonnants yeux bleus, perlés de brun orangé, d’une maman niçoise. Lucrèce aime son prénom parce qu’il évoque le philosophe latin « Lucrèce », et qu’on lui dit souvent : « Ah ! Votre prénom me fait penser à « Lucrèce Borgia ». Ses études de psychosociologie l’ont conduite à se passionner pour le monde du crime. Elle a obtenu un master en sciences criminelles puis a brillamment réussi le concours de l’École de police de Nice ; elle est actuellement lieutenant-inspecteur de police et profileuse talentueuse reconnue.
Lucrèce est de retour dans mon nouveau roman, « La clinique du lendemain ».
Violette, surnommée Io ou Violettina, extraterrestre malgré elle
Elle est apparue dans mon roman, « Big Lover ». Elle est née en 2040, sur l’exoplanète Proxima Centauri b où se sont installés ses parents, Léonard et Daisy, des scientifiques ayant été contraints de quitter la terre en péril. Elle a vingt ans et habite dans Ville Intelligente Exo 1, en compagnie de Mirzam et Isida, un chien et une chatte clonés, de l’androïde Robbie, et de Big Lover, une intelligence artificielle de pointe, son assistant personnel, un tout petit boitier rose en forme de cœur, muni d’une prise USB, qui la guidera dans ses aventures et saura lui parler d’amour. Très érudite, Io explore, virtuellement, les mondes anciens et futuristes et a du mal à se positionner entre eux ; elle refuse que l’on active, en sa « Puce Cérébrale Générique », une « Puce Gestion des Émotions », capable de la délivrer d’affects bouleversants,
Thalia, la presque déesse
Elle est apparue dans mon roman, « L’Au-delà des dieux ». Elle est
passionnée de culture gréco-latine. Une belle osmose entre Thalia et Nilos, son frère, leur a permis de faire face à tous les aléas de la vie. Ils se sentent nantis d’une haute origine, puisque Thalia, porte le nom de la muse de la comédie, et Nilos, celui d’un dieu-fleuve, le Nil. Le temps d’un congé sabbatique obtenu auprès de la faculté de lettres où elle enseigne, Thalia se rend en Crète, à Agios Nikolaos, pour plonger au fond du lac Voulismeni où se trouverait la porte des enfers, décrite dans la mythologie grecque. Ses atouts pour accomplir ce mystérieux périple en quête des dieux grecs : un puissant don d’ubiquité et de solides connaissances en physique quantique, en cosmologie et en biologie.
Marie Yvonne Etiennette, surnommée Myette, la squaw devenue chamane
Elle est apparue dans le tome 1 de ma trilogie, « Les aventures magiques de Myette » : « Initiation au pays des Micmacs ». Elle a treize ans, vit dans un domaine agricole en Bourgogne, sous l’autorité d’un père de plus en plus sévère qui l’accable de tâches difficiles, mais est-il vraiment son père ? Doute qui sera levé quand elle s’entendra traiter de bâtarde ! Myette adore les animaux : Boudu le chat : La grosse Juju, jument de trait ; Moutonne, la vache ; Ritchie Laclune, un papillon-esprit, visible par elle seule ; Sweeney, le louveteau et ses parents Sween et Sweena, de beaux loups gris qu’elle a apprivoisés. Elle se découvre des dons magiques, notamment celui de dialoguer avec les animaux, et de se livrer à des rituels chamaniques ; quand des événements insupportables surgissent, Myette part à la rencontre du peuple amérindien des Micmacs, au Québec, dans l’espoir d’y trouver ses véritables origines.
Vous verrez Myette grandir, devenir une chamane chevronnée, dans les deux tomes suivant : « Dans le volcan, vous trouverez… » et « Les révélations de Nanabozo ». La mise en pratique de ses exceptionnelles capacités apportera des résultats spectaculaires et lui permettra de vivre un fantastique voyage chamanique dans le Monde d’En-Haut, à la rencontre de Nanabozo, le Grand Lièvre, un Esprit médiateur entre les humains et le Grand Manitou.
Enlila Apkallu et Line Tile … Quand l’auteure est rattrapée par son personnage
Enlila et Line sont apparues toutes deux dans le tome 1 de ma trilogie « Enlila » : « Le voyageur de Sirius ». Enlila est romancière et veut écrire un roman policier. Inspirée par la présence de sa belle chatte siamoise, Meissa, elle commence à créer son histoire, met une scène de crime en place. Elle crée Line Tile, un personnage exerçant la profession d’experte en affaires courantes et la lance sur la piste d’une bizarre affaire de métamorphose de chatte en serpent. Or, Line Tile, prend aussitôt son indépendance et entraine son auteure, Enlila, bien malgré elle, vers des territoires étranges tout à fait inattendus, mêlant la traque policière aux rencontres extraterrestres.
Dans le tome 2, « L’Astrocyte 218 », on retrouve Enlila sur la ligne de départ d’un marathon ; elle se cache sur une île où elle va courir le long de la mer ; par crainte d’être retrouvée par ses persécuteurs, elle a changé de prénom ; Enlila est devenue Philippidine. La course commence : pour s’installer dans un bon rythme, elle récite un passage de « L’Épopée de Gilgamesh », le plus ancien écrit du monde connu, retrouvé dans les ruines d’Ourouk, en Basse Mésopotamie. Ses mauvais souvenirs l’obsèdent. Elle compte sur les effets neurochimiques particuliers à la course à pied pour neutraliser ses angoisses. C’est efficace puisqu’elle est propulsée au cœur de son cerveau où l’Astrocyte 218, un composant essentiel du fonctionnement neuronal l’entraine visiter ses vies antérieures mémorisées en son cerveau.
Et tout ira de surprises en surprises, jusqu’à ce que, dans le tome 3, « Le sacre de Cydonia », on retrouve Enlila, métamorphosée en Cydonia, souveraine de la planète Mars. Elle vit dans une cité souterraine, entourée d’aliens de toutes natures. Une périlleuse mission la fait voyager jusqu’à l’étoile Meissa où une libellule géante la conduit dans une personnagothèque où vivent les personnages de romans du monde et où des héros phares du roman noir expliquent leurs rapports particuliers avec leurs auteurs terriens. Ces héros, Rocambole, Colomba, Sherlock Holmes, Arsène Lupin, Fantômas, et Belphégor en tête, enquêteront pour aider Enlila à retrouver son ancien personnage, Line Tile, et à la sauver d’un grand danger.









