Chasses en cours

Chasses en cours

Chasses en cours

Un tueur en série rôde autour de l’étang des grives, méfiez-vous !
Tout commence dans un cadre idyllique …
… un village provençal, avec ses lavandes, ses cigales, une forêt abritant un magnifique cerf, acteur à part entière des drames à venir, un cabanon en pierres sèches où Lucrèce Camilleri, profileuse réputée à la PJ, vient se ressourcer suite à une affaire criminelle qui a mal tourné.
Á peine installée dans cette retraite provisoire propice à sa reconstruction psychologique, le capitaine de gendarmerie, Julius Lictor, vient jouer les trouble-fêtes en lui demandant un coup de main pour retrouver un agriculteur qui a disparu.
Le suspense s’installe …
… lorsque, sur les rives de l’étang des grives, on découvre la dépouille du disparu, nu, tué d’une balle dans la tête, sa poitrine marquée à la cire rouge d’un blason bizarre.
Le suspense atteindra son paroxysme …
… au fur et à mesure du déroulement d’une surprenante enquête, jonchée de cadavres, liée au monde des chasseurs, où les coupables supposés ne seront pas ceux qu’on croit, et où il faudra cerner de plus près aussi bien la psychologie du serial killer que celle des victimes.
Entrez dans la tête de l’assassin.
N’hésitez pas, participez aux chasses en cours, aux côtés de Lucrèce ; vous saurez alors si le destin jouera en sa faveur.

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Avis & Chroniques

Caroline Comte construit son récit sur un terreau provençal qui dépasse largement le simple décor de carte postale. Le Grangeon, ce cabanon de pierres sèches où s’installe Lucrèce, devient bien plus qu’un refuge : il incarne une frontière poreuse entre civilisation et sauvagerie, entre raison et instinct. Les champs de lavandins de Peyretrocade exhalent leurs fragrances enivrantes tandis que le bois du Gayet abrite ses secrets millénaires. L’auteure ne se contente pas de nommer ces lieux aux consonances chantantes – le Raspaloun, la Bergeronnette – elle les transforme en personnages à part entière, vivants et respirants au rythme des cigales et du mistral.

L’étang des grives se révèle comme l’épicentre sombre de cette géographie romanesque. Ses eaux troubles et verdâtres, ses roseaux frémissants sous le vent du sud, composent un tableau où beauté et menace se confondent. Caroline Comte réussit à créer une atmosphère double, presque schizophrénique : la Provence solaire et accueillante cohabite avec une nature inquiétante qui rappelle les « mares au diable » des romans gothiques. Cette dualité géographique annonce et reflète les déchirements intérieurs de l’héroïne, tissant une correspondance subtile entre paysage et psyché.

Le village de Piboulin, avec son église romane et sa fontaine à trois canons ornés de dauphins, s’inscrit dans une temporalité épaisse où le passé médiéval affleure constamment. Les toponymes latins parsèment le récit comme autant d’indices d’un mystère ancestral, suggérant que les crimes contemporains puisent leurs racines dans des strates historiques profondes. L’auteure maîtrise l’art de faire dialoguer les siècles, transformant sa Provence en palimpseste où chaque meurtre révèle des blessures anciennes jamais cicatrisées. Cette écriture du lieu, précise sans être descriptive à l’excès, crée un cadre oppressant malgré la lumière dorée, un paradis empoisonné où la violence trouve un terreau fertile.
La suite de la chronique sur le blog Le Monde du Polar